Un peu d’histoire

Ce billet est l’occasion d’en dire un peu plus sur Mir Hossein Moussavi, personnage au coeur de l’actualité Iranienne mais qui reste très mystérieux aux yeux de mon entourage.
Ce que je sais de Moussavi commence pendant la guerre Iran/Irak. Il est nommé premier-ministre. A l’époque, Khomeini est encore le guide, et Khamenei (le guide actuel) est président. Le président à l’époque a un rôle très symbolique, la guerre étant géré par Khomeini, et l’économie par Moussavi. Il s’en sort notoirement bien, avec un système de rations, qui permet une juste distribution des biens dans le pays sous embargo.
Khamenei et Moussavi ne s’entendent pas. De fréquents accrochage ont lieu entre les deux, mais Moussavi garde sa position grâce au soutien de Khomeini. A la mort de celui-ci, Khamenei est nommé guide. La constitution est modifiée. La position du premier ministre supprimée, et ses pouvoirs transmis au président. Moussavi ne se présente pas aux élections, et c’est Rafsandjani qui sera élu pour deux mandants.
A la fin du deuxième mandat, les espoirs des réformateurs tournent vers Moussavi. Après une longue hésitation, il refuse finalement de se présenter, et ça sera Khatami, ancien ministre de la culture déchu pour son ouverture, qui sera largement élu.
Cette élection, qu’on appelle « l’événement du 2 khordad » (khordad est le 3e mois du calendrier persan) fait souffler un vent de liberté en Iran. Mais Khatami se heurte très rapidement à l’opposition de l’assemblée, puis, après les élections législatives qui consacrent les réformateurs, du conseil des gardiens (qui dispose d’un droit de véto sur les lois) et celle de Khamenei.
Cette opposition atteint des sommets quand la quasi totalité des députés réformateurs voient leurs candidatures pour un deuxième mandat rejeté par le conseil des gardiens (qui a aussi le pouvoir d’approuver ou refuser les candidatures à l’assemblée et à la présidence). Il s’en suivit une démission en groupe:


Les conservateurs remportent (forcément) les législatives. Deux ans plus tard, les élections, boycotté par une large partie de la population qui est déçu du sort des réformateurs, et déjà entachées par des soupçons de fraude contre Karroubi, tournent à l’avantage de Ahmadinejad.
Et c’est après 4 ans de règne d’Ahmadinejad, qu’un mouvement populaire se manifeste en faveur de Khatami. Il est poussé à présenter sa candidature, tout en affirmant, comme à la première fois, qu’il se retirerait si Moussavi se présente. Et cette fois-ci, Moussavi y va.
Je ne sais pas quelles étaient ses intentions à la base. Je ne sais pas si, conformément à ce qu’il a affirmé pendant les débats télévisé, il a décidé de se présenter en constatant la situation désastreuse de l’économie, et l’irrespect des autorités vis-à-vis de la loi. Toujours est-il, que la où d’autres avant lui ont failli (cf. Khatami lors du massacre de 1999), il est resté, et il a résiste. il est devenu ce héros de tragédie, cette idole, ce symbole qui manquait depuis Banisadr à l’opposition en Iran.

3 commentaires

  1. MD said,

    28/06/2009 à 10:01

    Merci beaucoup pour ces éclaircissements!
    Pourrais-tu aussi faire un billet sur les autres candidats à la présidentielle et parler un peu du guide? Qu’en est-il des relations guide-président? Quelle est la liberté d’action du président (aurait-ce été si différent si Moussavi avait été élu, et si oui, en quoi?)? Merci d’avance!


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